Un bouc émissaire


[ SIGNIFICATION ]
Une personne sur laquelle on fait retomber tous les torts, toutes les responsabilités.

[ ORIGINE ]
Lorsqu’on envoie un émissaire en mission auprès de quelqu’un d’autre, c’est assez rarement un bouc ; tout au plus un pigeon voyageur, si on tient vraiment à envoyer un animal, mais le bouc vole beaucoup plus bas (sauf s’il est envoyé avec une catapulte) et nettement moins discrètement ; sans compter que son sens de l’orientation est un peu moins performant.
Alors pourquoi cette expression ?

Il est un phénomène social très répandu qui fait que, de tous temps (et même encore aujourd’hui), lorsque des manifestations d’origine inexpliquée ou un fléau quelconque (autrefois considéré comme un châtiment divin) provoquent des dérangements importants au sein d’une communauté, ses membres cherchent parmi eux un responsable, une victime expiatoire. C’est le fameux bouc émissaire.

Cette appellation est d’origine religieuse.
L’expiation est une cérémonie religieuse destinée à effacer la souillure, les péchés que l’homme a pu commettre. Et cet homme-là n’a rien trouvé de mieux, sur une idée prétendument soufflée par Dieu à Moïse, que de faire porter cette souillure par un bouc que le prêtre, par imposition des mains et autres imprécations, chargeait symboliquement de tous les péchés avant de l’envoyer dans le désert à la rencontre d’Azazel (Lien externe).
Et l’homme, ainsi dé-péché, pouvait alors se dépêcher de replonger à nouveau dans le péché.

L’appellation de ce bouc vient du latin ecclésiastique « caper emissarius » ou « le bouc envoyé, lâché ».

[ EXEMPLE ]
« Certains de ces rites avaient une valeur de symbole très claire : tel celui de ce « bouc émissaire » qu’on chargeait de tous les péchés d’Israël par des formules imprécatoires, puis qu’on chassait au désert. »
Henri Petiot, dit Daniel-Rops – Le peuple de la Bible

« Tel est le rôle historique de l’affaire Dreyfus. Sur ce bouc émissaire du judaïsme, tous les crimes anciens se trouvent représentativement accumulés. »
Georges Clemenceau – La réparation

[ COMPLEMENTS ]
Voilà encore un bon moyen de se défausser de ses responsabilités, quoi. « J’ai un peu péché, certes, mais bon, au moment du pardon, je vais pouvoir me libérer de ce poids insoutenable sur le bouc ».
Or, ce pauvre bouc innocent, est également une créature de Dieu qu’il est un peu fort de café de sacrifier pour prétendre gommer ses fautes, vous ne trouvez pas ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s